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Tome premier.
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DES INSTITUTIONS MILITAIRES.

gcrs. L’usage trop fréquent de la milice avait, à cequ’il paraît, épuisé cette ressource.

Naguère si puissante sous Louis XIV par laforce de ses armées, la France l’était encore alorsrelativement à l’état politique de ses voisins. Acette époque, l’empire d’Allemagne était faible,l’Italie n’était rien, l’Angleterre etl’Écosse n’étaientpas réunies, l’Espagne tombait en décadence, et laRussie ne s’était pas fait connaître. La France ,gouvernée par une main ferme, et administréepar des ministres habiles, était donc en ce temps-là une grande puissance ; mais, affaiblie dans sesarmées ainsi que dans son administration, tandisque toutes les puissances voisines se fortifiaient, laFrance , au milieu du dix-huitième siècle, avaità faire de grands efforts pour garder sa place dansle système européen , car elle avait des alliés peusûrs, et des ennemis formidables.

La maison d’Autriche , que la succession deBour-gogne et ses possessions en Italie rendaient l’en-nemie constante de la France , commandait à desnations non moins belliqueuses et plus docilesque les peuples de la France , et qui lui fournis-saient des régimens, comme autrefois les baronsfournissaient des contingens à leur suzerain;'lesarméniens de l’Autriche étaient d’une effrayantefacilité.

Les états marchands soudoyaient des étrangers,savoir : Venise , les officiers et les soldats com-mandés par un général étranger, sous la surveil-lance de deux provéditeurs; Londres et Amster-