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Tome premier.
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DES INSTITUTIONS MILITAIRES. 1 55

Charles XII d etre en quelque sorte l’arbitre dumonde. Mais déjà de fréquentes révolutions et degrands malheurs avaient fait déchoir les Suédois;ils n’étaient plus, au milieu du dix-huitième siècle ,les Suédois de Gustave-Adolphe et de Charles XII ;et depuis la paix d’Abo, l’intervention de la Suède en faveur de la France devenait fort équivoque.

Sur le champ de bataille des Suédois et de laréformation, une puissance s'était élevée à lafaveur des armes; mais cet état voulait s’agrandir,et il n’entrait dans le système de la France qu’au-tant qu’un autre ne lui offrirait pas de plus grandsavantages. La Prusse toutefois, amie ou ennemie ,n’était pas à négliger, car elle se présentait avecune grande force militaire : des soldats recrutésà prix d’argent, racolés par toutes les ruses, em-bauchés sur toutes les terres, enlevés à des voisinsen dépit de la foi des traités (i), pressés en un motsur le continent comme les matelots sur la Tamise,tels étaient les hommes qui renouvelaient les pro-diges opérés naguère par les soldats de la Suède .A défaut de recrues, les nationaux marchaient; desdistricts étaient affectés aux régimens pour les le-vées forcées; l’armée prussienne était ainsi, sui-vant l’expression de Frédéric-Guillaume , son fon-dateur, une armée immortelle. D’ailleurs son filset son successeur le grand Frédéric, avec une ar-

(i) L’armée saxonne incorporée dans l’armée prussienne, anmépris de la capitulation de Lilicnstein.