i56 «es iKSTiïirnows militaires.
mée plus ou moins mercenaire, combattait desarmées de mercenaires; et qui n’eût pas été sol-dat sous les drapeaux du grand Frédéric, sous ceprince philosophe, le plus brave parmi les braves,l’honneur des généraux, le père des soldats, l’ef-froi des courtisans? Frédéric, ami peu sûr, étaitdonc un ennemi fort à craindre.
L’Espagne enfin, qui semblait devoir comptersans cesse parmi les amis de la France , depuis Al-béroni, tantôt pour nous et tantôt contre, étaitplus embarrassante qu’elle n’était secourable; sesarmées s’étaient appauvries comme les arméesfrançaises. L’Espagne , en un mot, était pour laFrance de quelque danger et d’un bien faible se-cours.
Pendant que la France avait des amis si faibles,si peu dévoués, et des ennemis dangereux, parconséquent tant d’occupations autour d’elle, uneautre puissance entrait dans la lice, et menaçait lesystème européen dont les Français étaient, quoiqu’on en dise, les fondateurs et les véritables gar-diens. 11 se formait au nord de l’Europe , sur losconfins de l’Asie , un point nébuleux, présage destempêtes. Le peuple russe venait de se donner desinstitutions remarquables, de se faire tout entiermilitaire; et son apparition sur le théâtre euro-péen marquait ou annonçait de grands événe-mens. D’après les lois de Pierre-le-Grand , on étaittout par les armes, rien sans les armes (t) ; et les
(i) Tous les rangs, toutes les prérogatives dépendirent du