iGo DES INSTITUTIONS MILITAIRES.
dolent, vivait sous un prince faible; il avait parconséquent à lutter contre toutes les passions dé-chaînées , contre des préjugés plus que jamais en-racinés , contre toutes les erreurs de son tempsen matière de guerre et de politique : prétentionsde la noblesse , empire des femmes, désordre desfinances (i), tout s’opposait à ses efforts. D’Ar-genson, néanmoins, montra que son ame étaitau-dessus de toutes les contrariétés; et s’il nefit pas tout le bien qu’il voulait, il tenta tout lebien qu’il crut pouvoir faire. Il régularisa le re-crutement à prix d’argent, et le rendit suppor-table ; s’il fit marcher les milices, il les licenciafidèlement ; connaissant l’influence des dénomi-nations glorieuses sur le cœur des Français , iltira un grand parti de ces milices, en formantdes corps de grenadiers royaux ; il amena les ri-ches et % les corporations à lever des troupes à ladécharge de l’état ; ilfit inspecter les régimens dansleurs quartiers et cantonnemens; il eut l’art detenir la solde au courant, et de tempérer l’abusdes retenues; il détruisit l’abus plus affreux en-core des réquisitions en nature au profit des en-trepreneurs ; il modéra la cupidité des généraux;il rétablit dans les,services de la guerre, quoiquesous le régime des entreprises, un certain ordreet quelque probité; il pourvut aux besoins des
(r) Il venaitd’étre créé pour dix-neuf millions de pensions chfaveur des gens de la cour qulavaicnt perdu par le système deI-aw.