DE LA SUBORDINATION. 205
temps, ou se maintenir dans un état de vigueuret de gloire. Je pourrais offrir pour exemple unesociété fameuse, dont l’existence et la force con-sistèrent toujours à choisir les plus capables pourles dignités de l’ordre , pour l’oreille des rois, etpour tous les emplois importans. Qu’elle eut dé-couvert dans son sein ou qu’elle eût aperçu ail-leurs un homme à talent!... loin d’en être jalouse,vous l’eussiez vue s’en emparer et porter en quel-ques jours un homme obscur aux premières di-gnités de l’état et de l’église, assurée que le bienqu’elle faisait à un individu lui rapporterait à elle-même des avantages immenses. Partout où l’onimitera cet exemple, on obtiendra les mêmes suc-cès : crédit et puissance.
Il y aurait un beau chapitre à faire sur cettematière ; je ne l’essaierai pas , et j’abrégerai lemien en disant que, loin de chercher à diviserles hommes, tout, dans l’état militaire, devrait con-courir à les réunir par les liens les plus chers, etpar un intérêt commun. L’esprit de corps est undes secrets les plus-puissans de toute organisationmilitaire, l’un des moyens les plus efficaces d’ob-tenir la discipline et les grands résultats; c’est, enun mot, un complément nécessaire de toute légis-lation. Au reste, diviser pour régner , n’est point,comme on le croit, la maxime favorite du célèbre pu-bliciste de Florence ; il emploie souvent des expres-sions à peu près semblables pour montrer que, lors-qu’on a eu le malheur de se susciter beaucoup d’en-nemis, il fautles diviser pour les contenir; mais