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236 de l’état des militaires.
important ;maisen supposant une divergence d’idéeet des débats, il est aisé de faire sentir aux adver-saires quels inconvéniens il y aurait à ce que, dansnotre système politique actuel, l’état des mili-taires fût un état précaire.
Tous les Français sont libres, et dès long-tempsil n’y a plus de vassaux ni de serfs. Tous les Fran-çais pouvant ainsi disposer de leur personne, s’a-donnent aux arts industriels, dont le moindre con-duit, en peu d’années, l’homme laborieux à unecertaine aisance. Tous les Français vivant sousl’égide des lois, aucun d’eux n’a à craindre cesanimosités qui faisaient passer anciennement tantde sujets, de la bannière du baron sous l’étendarddu prince. Quel motif pourrait donc conduire au-jourd’hui les peuples au service, si ce n’était l’ap-pât d’une fortune dans l’exercice de la professiondes armes ? Mais, dira-t-on, la loi du recrutementdonnera les soldats, et les riches fourniront lesofficiers : sans doute cela peut arriver ainsi. Etqui voudra obéir en personne à la loi, pourperdre huit années de sa vie, ou pour courir unecarrière sans perspective? les fainéans et les néces-siteux, gens qui, peut-être, moyennant l’appelforcé, suffiraient à remplir les cadres en tempsde paix, et qui ne présentent qu’une ressourcefaible, incertaine et douteuse en temps de guerre.Ces riches eux-mêmes, sur lesquels on compteraitpour faire des officiers, donneraient-ils aussi lessous-officiers? et s’il ne les donnaient pas, il fau-drait donc les prendre dans la dernière classe. Or,