de l’état des militaires. 23 ^
les sous*officiersdeviennent officiers. Cette dernièreclasse fournirait-elle beaucoup d’hommes instruitset d’hommes dignes ? D’ailleurs, officiers, sous-of-ficiers et soldats, iront-ils bien courageusement aufeu, s’exposeront-ils bien gaiement à toutes lesmutilations, si rien ne leur dit que leur état estsacré, leur sort assuré, la fin de leur vie honorée ,heureuse et commode ? et, dans les grandes crises,lorsqu’il faut appeler la population entière aux ar-mes, tant de jeunes gens, qui partaient d’abordavec répugnance, et qui se vouaient ensuite avecplaisir à la vie militaire, que penseront-ils d’unavenir qui peut leur être enlevé contre le gré dugouvernement lui-même, par l’acte arbitraire d’unsubalterne, ou par son influence ?
Je ne répéterai pas que les meilleurs citoyenssont les meilleurs soldats, et que les plus richesne sont pas toujours les meilleurs citoyens; je'nediraipas que si un homme riche est vaillant commeun autre, dans une journée, il supporte les priva-tions et les fatigues avec moins de résignation etde persévérance que celui qui attend sa fortunede son-dévouement et de son zèle. Mais,t milleraisons nous indiquent comme un besoin d’at-tirer sous les drapeaux, la classe intermédiaire.Pour l’attirer, il faut lui montrer un état. Cemotif lui seul serait décisif; il y en a encored’autres : la sécurité sur son sort rend le militairemoins exigeant pour le présent, et la politiqueainsi concourt à l’économie ; elle ne concourt pasmoins à la discipline, en maintenant ces bonnes