l8 INTRODUCTION
passé sur les pays étrangers que nous avons oc-cupés, et en manifestant l’intention de disserterquelquefois sur ce qu’on pouvait y faire, je doispeut-être prévenir l’accusation, toujours grave, del’inutilité ; car, il n’y a de bon que ce qui est utile.
Bien des personnes, se laissant bercer dans desillusions estimables d’harmonie universelle, depaix perpétuelle, ou tout au plus de guerres dé-fensives, seraient tentées de condamner ce quenous dirons des pays étrangers, relativement à laguerre, et de considérer ce quelles appellerontnos digressions, à cet égard , comme l’habitude deces esprits imbus d’un système politique, qui aété l’objet d’un grand nombre de déclamations.
Je proteste de mon adhésion à toutes les opinionsraisonnables contre l’esprit de conquête et de do-mination;je crois même quele temps est venu, où, endépit des congrès, les nations tendent à rester dansleur état de société, ou à se réunir selon les lan-gues semblables, et les limites naturelles; loin doncde vouloir exciter en vous un goût qu’il va devenirimpossible de satisfaire, je voudrais qu’il fût possi-ble de vous entretenir d’administration militairesans vous parler de guerre. Mais j’avoue que, sousnotre régime actuel, je ne conçois pas d’armée per-manente , si ce n’est pour repousser les agressionsextérieures; et je ne crois pas davantage que desFrançais puissent faire une guerre purement dé-fensive.
11 faudrait, en effet, bien peu connaître le carac-tère national des Français et l’état actuel de l’art