A. LA DEUXIÈME PARTIE. If)
militaire, pour songer à marcher devant soi età revenir en arrière, opposant des masses face àface, et défendant la frontière sans la dépasser.Outre l’avantage ordinaire de la guerre offensive,cet avantage qu’il y a toujours, en faisant irrup-tion sur les terres d’autrui, d’enflammer le couragedes siens, de raffermir ses alliés et d’ébranler lafidélité de ceux des ennemis; de trouver l’ennemis’organisant, et pour ainsi dire encore sans dé-fense ; il est certain que, dans les circonstances oùles hostilités ont pour but, comme aujourd’hui,de commander promptement la paix, et quelque-fois de changer la face des États, toute guerre doitêtre offensive en même temps que défensive: ondoit rendre à son ennemi attaque pour attaque;s’il pénètre chez nous, nous pénétrerons chezlui; si Annibal est en Italie , Scipion passera euAfrique , et ainsi, probablement, le fléau ne serapas de longue durée.
Quoi qu’il en soit, dans notre système de grandesarmées, dont la subsistance est' si coûteuse et sidifficile, tout système purement défensif serait dé-sastreux. Et je dis désastreux, parce qu’il y a dixfois plus de dommages pour les finances et pourla population, dans les consommations et lespertes d’une guerre longue et molle, qu’il n’yen a dans les expéditions les plus hasardeuses, etqui auraient l’issue la plus funeste. Ainsi, quandla France voudra ruiner son trésor et sa popu-lation, anéantir l’esprit public, et finir par êtresubjuguée, elle embrassera un plan de défensive