DE LÉCONOMIE POLITIQUE. 1 IJ
villes, vous ruinerez l’agriculture. Telle est l’imagede la Pologne, de la Hongrie, de la Russie , ettelle était celle de la Bohême, avant que l’indus-trie manufacturière s’y fût introduite. Tels furenttour à tour les plus beaux pays de l’Europe , ycompris le nôtre, avant que l’industrie parvînt ày pénétrer.
Ces industries étant si nécessaires l’une à l’au-tre , on voit tout d’abord que des faveurs, exclu-sives à l’une des deux, leur seraient égalementnuisibles; on ne sera donc pas séduit par les bé-néfices réellement plus considérables de l’inclus-trie de main-d’œuvre , pour la favoriser aux dépensde l’agriculture. L’industrie manufacturière est, eneffet, beaucoup plus profitable à ceux qui l’exer-cent, que 11e l’est l’agriculture aux colons, parlaraison que le manufacturier ajoutant à son capi-tal une plus grande somme de connaissances etde travail, il a souvent fait de rien une fort grandechose; tandis que l’agriculteur peut aider puissam-ment la nature , mais ne saurait la contraindre.On considérera clone comme le parti le plus sage ,celui d’observer la direction naturelle des capi-taux et du travail, et de les protéger.
De ce que la terre nourrit les hommes, et four-nit les matières premières de l’industrie , on a quel-quefois conclu beaucoup trop légèrement qu’elleétait la seule source des richesses; et bien des gens,à l’aspect d’un pays agricole, ont soutenu par dessophismes, souvent non désintéressés, que les peu-