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la source des plus grands abus; mais, dans l’étatactuel des connaissances économiques, il n’y aplus aucun gouvernement qui puisse obtenir quetelle pièce qui valait hier cinq francs, en vaillesix aujourd’hui, ou qui puisse maintenir à lapièce, sa valeur de cinq francs, après avoir re-tiré le cinquième de l’argent. Dans toute opéra-tion pareille, le prix des choses s’élève à l’instanten raison de l’altération de la monnaie, et il n’y arien de changé, si ce n’est la valeur nominale.
Quand la monnaie métallique est insuffisante,une autre espèce de monnaie y supplée. Cette au-tre espèce de monnaie, c’est le papier de com-merce ; j’en donnerai une légère idée.
Un particulier qui, obligé d’envoyer de l’argentde Paris à Londres, ou de Londres à Paris , se-rait souvent fort embarrassé, et ferait une certainedépense, se décidera aisément à payer une prime àcelui qui lui épargnera le prix du transport, lefrai des monnaies, et les risques du voyage. S’ilvenait à découvrir quelqu’un qui voulût envoyerde l’argent dans l’autre ville , l’échange serait gra-tuit entre eux. Mais il est difficile que ces deuxhommes se devinent, se rencontrent. L’un et l’au-tre déposeront donc leur proposition entre lesmains du commerce, et celui-ci qui a reçu, ouqui est assuré de recevoir des propositions oppo-sées, conclut la négociation, moyennant la primeen question : tel est le commerce de banque.
Les banques sont nées des troubles du moyenâge. Les peuples, réduits à cacher leur argent et