DES IMPÔTS, EMPRUNTS ET RÉQUISITION S. 2q3
ne tardera pas d’éprouver que deux et deux sontquelquefois bien loin de faire quatre. Il en serade même d’un impôt sur le sel : du moment oùcet impôt s’élèvera, il se fera moins de salai-sons, on entretiendra moins de troupeaux, leslaines seront moins belles , plus chères, et les étof-fes suivront la hausse de la matière première. Im-poserez-vous trop fortement les vins? on en con-sommera moins, et une grande partie de la for-tune agricole restera en souffrance. Il y a souvent,au conlraire, plus de profit à baisser les tarifs qu’àles élever : Turgot réduisit de moitié le droit d’en-trée sur la marée, et les recettes furent les mê-mes ; bien plus , les pêcheurs firent fortune ;ils augmentèrent leur consommation, leur fa-mille s’accrut, augmenta la sienne, et les financesfirent de nouveaux profits sur ces nouveaux pro-ducteurs, sur ces nouveaux consommateurs.
L’impôt personnel, se présente sous l’apparencede cette protection dont les gouvernemens en-tourent tous les citoyens, et qui fait vivre lefaible à l’abri des atteintes de la violence. Il y adonc moyen de le justifier; mais il n’est pasaisé de l’asseoir: l’homme riche reçoit une plusgrande somme de protection que le pauvre; unimpôt de cent francs sur un revenu de cinq milleest plus fort, quoique la proportion arithméti-que soit exacte f que celui de mille francs surcinquante mille. Il y a ensuite des fortunes qu’ilest difficile d’évaluer, par exemple, celle des né-