DES IMPOTS, EMPRUNTS ET RÉQUISITIONS. 3l$
marchands tous les emprunts où la guerre les aentraînés.
Les populations de Manchester, de Birmingham et de Liverpool n’eussent pas décuplé pendant ladernière guerre, si la masse d’argent dépensé par1 e gouvernement eût été employée seulement àpayer des intrigues et à s.oudoyer des troupes.Chaque emprunt, au contraire, était pour l’An-gleterre une collecte d’épargnes ou de capitauxque le gouvernement mettait en œuvre, et dontquelques-uns, sans l’emprunt, seraient demeu-rés oisifs ou auraient été consommés. Chaquetraité de subsides était ensuite, pour l’Angleterre,,un traité de commerce par lequel elle donnait ungrand écoulement à ses armes et à ses marchan-dises en échange des productions du pays de sesalliés ; elle faisait, d’ailleurs, la traite de cesproductions étrangères, comme elle a fait long-temps celle des vins du Portugal .
Voilà à quelles conditions les emprunts, loind’être ruineux, peuvent être profitables ; maistout le monde ne peut pas se flatter de rencon-trer des ministres complaisans et des peuplesignorans, et l’exemple de l’Angleterre serait fu-neste à ses imitateurs.
Concluons sur la théorie de l’impôt et de l’em-prunt: ,
L’impôt aura le moins possible d’inconvéniens,s’il est égal, s’il n’est levé qu’à mesure des pro-grès de l’industrie, comme une légère part à sesbénéfices, et si le mode de perception ne jette pas