DES IMPÔTS , EMPRUNTS ET RÉQUISITIONS. 335
il réalise ses revenus, et éviter les contraintes,moyennant des transactions presque toujourspossibles avec le percepteur.
Il sera, en effet,, fort souvent nécessaire, à laguerre, de donner aux contribuables la facilitéde payer autrement qu’en argent.
Le moment où une armée envahit un pays, estordinairement un état de gêne pour les particu-liers, même pour les plus riches; l’argent, commeon dit, se resserre, et il est bien difficile d’obte-nir en argent, avec quelque promptitude, lescontributions qu’on aurait frappées.
Rien n’est plus simple alors que de recevoirdes denrées en remplacement d’une portion del’impôt, et d’accepter pour le restant à payer enargent, du papier revêtu de deux ou trois signa-tures, dont une de propriétaire, et une ou deuxde négocians. Or, il n’y a pas de petite ville , oude bourgade, qui n’ait quelque capitaliste assezaccrédité dans le commerce, pour garantir la si-gnature des contribuables peu pécunieux, et pourleur procurer les signatures nécessaires. Une ban-que militaire sera chargée de ces soins : établieau dépôt général du corps d’armée, ou à celuide l’armée, c’est elle qui recevra les contributionsen toutes sortes de valeurs, et qui s’occupera desnégociations; c’est elle qui livrera aux divers ser-vices les matières qui leur seront utiles, et quifera les fonds à la caisse du payeur, lequel ferales fonds aux régiinens et aux agences.