DES IMPÔTS , EMPRUNTS ET RÉQUISITIONS. 347
depuis le premier producteur jusqu’au dernierportefaix. A la voix du négociant, toute la milicecommerçante se retrouve à son poste : celui quiproduit, le courtier qui procure, le commission-naire qui reçoit, le roulier et le batelier qui trans-portent, les ouvriers qui travaillent pour chacunede ces professions, les agens de change et ban-quiers qui négocient les fonds; tout reprend sonactivité habituelle, redouble même d’activité, sivous montrez des profits à faire.
Le système des réquisitions, qui arrête l’essorde tant de monde, étant essentiellement mal-faisant , une sage administration n’en usera quele moins possible, et avec une extrême circons-pection , pour les besoins des premiers rao-mens, ou d’accord avec le pays, afin de don-ner au peuple la facilité de payer les contribu-tions. Quoi qu’il en soit, selon les temps, les lieuxet les circonstances, on est forcé de recourir, plusou moins, à ce procédé, çt il convient d’en su-bordonner l’usage à de bonnes règles.
Les temps, les lieux, les opérations militaires,modifient l’usage des réquisitions. Il y a des paysoù l’on en usera plus librement que dans d’autres;quelques-uns où il conviendra de s’en abstenir. Parexemple, en Portugal , une armée ne peut subsisterque par ses achats au-dehors, et c’est ainsi quel’armée française vécut à Lisbonne , en 1807. Jedirai, plus tard, comment un peu de lenteur à sedécider, priva l’administration d’immenses res-sources. Mais je crois pouvoir affirmer que, dans