354 DE S IMPÔTS, EMPRUNTS ET RÉQUISITIONS.
avait tout d’abord inspirée ; l’autorité locale, quine sentit plus assez le poids de sa responsabilité,éluda les ordres, et le service en souffrit.
Néanmoins, les grandes réquisitions s’effectuè-rent avec quelque succès, tant était puissantel’influence de leur auteur. Mais on fit de trop enPrusse, ce qui me semble avoir un peu manquéà l’armée du Rhin. Il faut, en générai, savoircomment le pays exécutera, et ensuite le laisserfaire; honorer les autorités, compter sur elles, oudu moins le leur persuader.
Jetions un regard sur les autres pays qui ontété soumis à nos armes.
L’armée d’Italie, je veux dire celle de Dego ,d’Arcole et de Rivoli, dont la force surpassa rare-ment 35,ooo hommes, n’ayant, pour ainsi dire,fait que passer des Apennins aux Alpes Juliennes et à Leoben , vécut toujours aux dépens de sescantonnemens ou des magasins autrichiens ; leblocus de Mantoue seulement, et les mouvemenssur i’Adige, exigèrent quelques opérations rela-tives aux subsistances ; mais la Lombardie, la Po -lésine de Rovigo , et généralement les bassinsde l’Adige et du Pô , sont si fertiles, qu’on peuten tirer long-temps d’immenses quantités de den-rées sans épuiser le pays. D’ailleurs, tout était pré-caire dans la position d’une armée qui voltigeaitautour et souvent an milieu d’ennemis trois foisplus nombreux qu’elle ; le genre de réquisitionsdont on usa alors, est de celles dont nous parie-rons au Livre XXIL, en traitant du service en