DF.S IMPOTS, EMPRUNTS ET RÉQUISITIONS. 353sans s’informer des procédés, de la répartition etdu recouvrement, cela me semble assez peu pru-dent. J’aime à croire que les ordonnateurs de Mu-nich , d’Augsbourg et de Stuttgard s’arrogèrent lepouvoir salutaire de s’en faire instruire : en sup-posant qu’ils ne l’eussent pas fait, l’exemple encette partie ne serait pas bon à imiter; chez beau-coup de peuples moins dociles que les peuplesallemands , il serait dangereux d’attendre les effetsd’une responsabilité qui ne sauverait pas l’arméedes malheurs de la famine.
Les réquisitions furent organisées à peu près dela même manière dans la campagne de Prusse, en1806 et 1807 ; on avait seulement outré la précau-tion pour laquelle je viens de réclamer (s’infor-fmer des moyens d’exécution ) ; non-seulement onavait placé des ordonnateurs près de chaque gou-vernement, et des intendans avec des ordonna-teurs dans chaque province, mais encore descommissaires avec des commandans, dans le moin-dre village gîte d’étape, au lieu d’abandonner,comme à l’armée du Rhin, le soin de l’étape auxautorités locales, sous la surveillance des comman-dans militaires; Ces commissaires * quelquefois unpeu légèrement revêtus de l’habit et du nom , frap-paient des réquisitions; le commandant voulait enfrapper à son tour; les intendans cherchaient àretenir cette partie de l’autorité : on se la disputa,et, au lieii de voir agir les administrations civiles,on embarrassa leur marche ; les conflits dimi-nuaient la considération que l’autorité française5. a3