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Tome cinquième.
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36 o DES IMPOTS, EMPRUNTS ET RÉQUISITIONS,d’indiquer ne suffisent pas, il n’y a plus qu’à userde violence, et à suivre le conseil du maréchal deSaxe (i).,Si l’histoire blâme M. de Surville pourn’avoir pas su faire vivre trois mois, aux dépensde la ville, la garnison qui défendait Tournay , en1709, c l ue dira-t-elle de l’administration de notrearmée en Saxe (i81 3 ), pour l’avoir laissée dans unaffreux dénuement durant trois jours ? Il n’était pasimpossible, pendant qu’on se battait en avant deLeipsig (du i 5 au 19 octobre), de répandre l’abon-dance dans un camp de cinquante à soixante milleFrançais cernés par deux cent mille ennemis, etn’ayant d’autre ressource que les provisions renfer-mées dans la ville. Il suffisait de connaître l’état desprincipaux habitans, par ordre de richesses ; il n’enest pas un qui, dans ce moment de crise, ne se trou-vât avoir pourvu pour un certain temps aux besoinsde sa famille, ou qui ne se fût assuré des moyensd’y pourvoir; il s’agissait de leur imposer la four-niture de soixante mille rations de pain, et de trentemille bouteilles de vin par jour; l’inégalité desfortunes réglait la différence du contingent, et cha-que famille eût transporté ou fait transporter à brasd’hommes le petit nombre de rations de pain et devin pour laquelle elle aurait été taxée ; ou bien elleeut livré au magasin un équivalent, en farines, légu-mes, bière, eau-de-vie, etc., et ainsi chaque jour,tant que la crise aurait duré. Pour obtenir l’obéis-sance à un pareil ordre, il fallait perdre, il est vrai,

(1) Rêveries, tome II, ch. 19.