DES IMPÔTS, EMPRUNTS ET REQUISITIONS. 36 1
toute mesure, et les effets devaient suivre de siprès la menace, que l’hésitation n’eût pas le tempsde se manifester et de dégénérer en troubles. J’aidonné à entendre, et je dirai ailleurs pourquoil’administration, demeurée sans pouvoir, ne pritpoint ce parti, et parut timide, quand le magistratde Leipsig se montrait insolent. Le fait est que cemagistrat n’exigea rien des particuliers ; il fit plus,il osa nous refuser le restant des provisions publi-ques, en disant que s’il les donnait aux Français , ilne lui resterait rien pour les Russes . Tant d’audaceresta impunie.
L’administration française , moins absorbée parl’intervention de l’empereur dans les moindres dé-tails, avait déployé plus d’énergie six ans aupara-vant, à l’égard de ces braves et bons Polonais, quinous sacrifiaient si généreusement leur vie et leurfortune ; et, quoique l’opération dont j e veux parlerne fût pas exempte de reproches, elle était bonne etvigoureuse ; commandée par la nécessité, elle étaitdans les règles de la guerre. On manquait en Pologne de vin pour les hôpitaux, et l’on ne voulait vivreque par réquisition : toutes les caves de Varsovie furent à l’instant séquestrées et mises à la disposi-tion des agens des hôpitaux. Je dis que cette mesuren’était pas sans reproches, car elle était défectueusepar la forme : et, en effet, si la ligne d’opérationsn’eut pas changé par le .mouvement de flanc gauchequi porta l’armée sur la Passarge, nous eussions danspeu .de-jours .manqué de. vin, attendu que les ca-ves séquestrées n’étaient autres que celles des