DES IMPÔTS, EMPRUNTS ET RÉQUISITIONS. 363cales par de longues lettres et de fastidieuses re-montrances, et à l’effaroucher par des menaces,lorsqu’il n’eût fallu souvent que l’encourager pardes exemples ou l’aider par des conseils.
En général, nous écrivons beaucoup trop à laguerre, et nous agissons trop peu ; nous menaçonstrop, et fort souvent en vain; nous commettonsune foule d’individus au près des autorités, faute d’a-voir divisé tout d’abord les travaux administratifs,et d’avoir affecté en arrivant, à chaque commissioncivile, l’agent militaire du service dont elle doits’occuper; chacun de nos agens écrivant autantet aussi longuement que l’intendance elle-même,c’est déjà une occupation pour les autorités quede répondre à toute cette correspondance.
Nos devanciersprocédaient mieux que nous dansleurs relations avec les autorités étrangères; etl’on trouve, dans la correspondance administrativede M. d’Argenson, que les intendans des arméesavaient une formule particulière à chacune de cesquatre espèces de pays : le propre pays, les amis,les alliés, les ennemis. Partout le style imposait leslois de la nécessité, avec des expressions un peudifférentes; le langage se modifiait en raison de lapuissance sur laquelle on frappait : on promettaità tel pays le remboursement; à celui-là, l’indem-nité; à cet autre, des compensations (i); au pays