DES ARBRES FORESTIERS.
79
sont rigoureux, les trois quarts des souches de cetteessence périssent, surtout si elles ont été exploi-tées du 15 décembre au 15 mars ; c’est le cas alors deremplacer ces souches mortes par des marseaux etdes bouleaux, dont la croissance est aussi très-rapide,qui ne craignent pas les gelées, et sous la protectionet à l’ombre desquels on pourra utilement, plustard, reproduire le châtaignier, d’autant que ces es-sences s’exploitent jeunes et font aussi de très-bonscercles.
Lorsqu’on plante de jeunes sujets de châtaigniersur un terrain convenable, il faut s’attendre à uneperte d’environ moitié ; ils reprennent difficilement,nous le répétons, mais les semis faits dans une terreen bon état et en saison propice réussissent très-bien ; on doit donc les pr éférer aux plantations.
Pendant les vingt premières années, le châtai-gnier pousse mieux que le chêne et s’élève presqueaussi haut dans les pleines futaies; mais, isolé, sahauteur surpasse celle du chêne en même position ;son fruit, en outre, est beaucoup plus gros qu’enplein bois.
Le châtaignier est indigène, quoi qu’on en ait dit,puisqu’il s’en trouve dans les forêts les plus ancien-nes : d’ailleurs les charpentes de nos vieux monu-ments attestent qu’aulrefois il y avait des forêtsentières de cet arbre (*).
Son bois est très-bon pour charpentes; mais il
(*) Voir notre article sur la Disparition du châtaignier en Franc*.