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ESSARTAGE.
s’élaguent et se nettoient insensiblement sans qu’ons’en occupe même là où ils sont très-fourrés, parceque le fonds en est bon et peut tout nourrir ; les épi-nes noires et les autres mauvais bois qui ne sont pasétouffés parle taillis, vivant à la superficie de la terre,n’empêchent pas les bonnes essences de pousser, ettout se retrouve à la coupe ; il n’y a rien de perdu.
Il faut, toutefois, avoir grand soin de ne faire aucunélagage, essartage ou nettoyage, que sur des taillis ri-chement fourrés, avant au moins dix à douze ans.
Dans les lieux où l’on coupe les boisa cet âge, on éla-gue ordinairemeut à quatre ans, afin d’avoir de plusgros bois à la coupe : c’est souvent un massacre quise fait aux dépens du fonds. Pour surcroît de calamité,les bestiaux y vont journellement; alors ce ne sont plusdes bois, ce sont des broussailles, dont on tire, tous lesdix ans, 100 à 150 fr. l’hectare au plus ; les bruyères etla queue de renard y tiennent cour plénière: aussi, tousles jours, ces fonds vont en dépérissant, et bientôt ilsdisparaîtront du sol forestier, pour n’être plus qu’unmauvais pâturage.
Dans les jeunes plantations où le bouleau abonde,bn doit faire élaguer cette essence iorsqu’elle com-mence à se brancher fortement (de cinq à dix ans), sui-vant le sol et sa force végétative, pour en faire desbalais, près des villes, et des bourrées quand cette spé-cialité n’est pas connue. On doit faire procéder à cetessartage ou élagage par des ouvriers adroits et à soi,ou le louer, même à bas prix, à des fabricants debalais, pour en prévenir le vol.