DES AMÉNAGEMENTS.
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ne pense qu’à soi. Nous ne nous flattons pas d’êtreécouté ; nous pensons, néanmoins, remplir un devoirenvers la société en exposant nos vœux pour la con-servation de quelques buissonsde futaies, et, si cela estimpossible, commenous lecraignons, nous recomman-derons de multiplier et d’avoir grand soin de celles surtaillis, d’autant plus qu’en dix ans et même en moinsde temps on peut toutes les détruire; et, pour les réta-blir, il faudrait de 150 à 200 ans. Cependant on peutfaire une futaie en moins de temps en la recommen-çant dans un taillis de 30 à 40 ans, ou, mieux encore,dans un gaulis de 50 à 60, ainsi qu’on va l’indiquer.
SECTION IV.
COMMENT ON SE FAIT UNE FUTAIE.
Les futaies, d’abord, ne devront s’établir que dansun bois riche de fonds, où il y a une large pâture à lavégétation ; autrement, c’est bâtir sur le sable.
Il y a deux manières de se créer une pleine futaie.
La première est de laisser agir la nature : avec letemps les arbres les mieux venants prennent le des-sus sur leurs voisins et les font périr; alors on re-cueille les blessés et les mourants, en les exploitantcomme bois morts ou arrachés par les vents; c’est cequ’on appelle chablis.
Un bois qui, à vingt ans, contient des milliers depieds d’arbres ou brins, à soixante ans n’en a pas ladixième partie; à cent cinquante, on n’en compte plusque quelques centaines. Il en résulte que ceux quisont restés peuvent vivre et grandir; mais ce sont degros poissons, nous devons en prévenir, qui ne peu-