DES COUPES DE BOIS.
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Une exploitation qui se prolonge d’avril à juin estmeurtrière, surtout dans les forêts basses où les eauxséjournent.La première sève,qui est la plus abondante,la plus profitable au fonds, se trouve perdue: c’est lelait qui manque au nourrisson; cequ’ilya de fâcheux,en outre, c’est que la sève s’infiltre en purepertedansle bois exploité, se gâte et après l’abatage se répand surson tronc ; souvent trop expansive, elle le fait périr.
L’action de la sève se reconnaît facilement à lacouleur du bois exploité. Un forestier du plus basétage peut, à la couleur du bois, quand il est sciéou équarri, suivant la teinte de ses extrémités, fixerle mois où il a été abattu, et apprécier les mouve-ments de la sève. Quiconque voudra se donner lapeine d’en faire l’expérience une seule fois en sauraplus, à cet égard, que la plupart des marchands debois après cinquante ans d’exercice. Une bûche demoulée, dont la lance aura été abattue du 1 er octobreau 1 e ' janvier, sera d’un gris blanc à ses extrémitéset au cœur.
Du 1 er janvier au 1 er février, sa couleur aura déjàéprouvé un léger changement.
Du 1 er février au 1 er mars, elle en aura éprouvé unautre plus marqué encore.
Du 1 "mars au 1 "avril, elle deviendra un peu rousse;en avril et mai, elle sera rose ; en mai et juin, elle serad’un rouge noir.
Ces différentes teintes, variables suivant les appro-ches du printemps et le sol, indiqueront suffisam-ment les progrès de la sève.