280
COUPES DES BOIS.
non propre à la fente et tous les branchages. Si le boispelard se vendait à la livre, au même prix que celuiavec écorce, il y aurait avantage d’en acheter ainsi,plutôt qu’à la corde ou voie ; cependant en raison dece qu’il ne fume pas et qu’il brûle parfaitement, qu’ilfait un bon et beau feu, en l’achetant même à la voie,il y a compensation de la perte qu’on éprouve parles nœuds, protubérances, et les courbes qu’il décrit.Mais le bois de charpente abattu en sève, nous lerépéterons encore, est loin de valoir celui exploité du1 er octobre au 1 er janvier. Buffon ayant professé unefausse théorie sur les bois pelards, nouscroyons devoir,sur ce point important, pousser plus loin nos argu-ments, en réclamant toute l’attention de nos lecteurs.
Le bois pelard est comme un bois chauffé aufour ou desséché par lesoleil ; nous soutenons, contrai-rementà l’opinion de Buffon, qu’il se brisera plus faci-lement qu’un autre coupé hors sève ou qu’on aura con-servé dans l’eau. Nous dirons de nouveau que le cerclefait avec du pelard sera aussitôt vermoulu. Mettez-le, avant de l’employer, pendant trois semaines dansune mare pour se faire une nouvelle sève, le cercle du-rera presque autant que du bois coupé en bonne saison.
Nous dirons en outre, par comparaison et commepreuve : le plâtre qu’on vient d’extraire de la carrièrea la consistance de la pierre; jetez-le au feu, réduisez-leensuite en poudre, il sera sans force ; rendez-lui sasève, ou plutôt l’eau que le feu lui aura enlevée, ilreprendra en un instant toute sa dureté primitive.
Avec de la chaux et du sable seulement, on ne fe-