POUR LA MARINE.
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Malgré tous les soins que les fournisseurs et agentsde la marine apportent au choix des bois, tout en yemployant la plus active et la plus minutieuse sur-veillance, qu’on tienne pour constant qu’ils nerebutent jamais un chêne bien filé et sans nœuds,produit souvent d’une terre marécageuse ou d’unsol gras, ou qui aura été coupé lorsqu’il étaiten végétation, sur lequel on aurait même fait del’écorce.
Le bois écorcé en pleine sève est sans force, le so-leil ayant fait surgir à l’extérieur les parties nutritiveset gommeuses qui en sont le nerf et la puissance con-servatrice; il ne contient plus alors que la partie li-gneuse; dans ce cas, il se pourrit facilement, et le ver leperce en peu de temps. Quant à ceux venus sur maraisou terrains gras et spongieux, malgré leur riche appa-rence, on sait qu’ils sont très-poreux, qu’ils éclatentau premier choc, se gâtent promptement et ne sont vé-ritablement bons que pour la menuiserie d’intérieur.D’après ces indications, il est évident qu’à moins d’ex-ploiter par ses mains, comment la marine pourrait-elle reconnaître les défauts que nous signalonsici?
Dès qu’un arbre est équarri ou couvert de boue parle flottage, il n’y a plus moyen d’apprécier l’époquede sa coupe et sa qualité ; aussi nous ne craignons pasde dire qu’un vaisseau, dont la durée ordinaire est de25 à 30 ans, construit en bois coupé hors sève, dureraitle double, particulièrement si sa construction était enbois de bon cru, et si, comme nous l’avons dit, il était