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Tome premier.
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AFFOUAGE

équarri en temps utile, flotté ensuite et mis en ré-serve, hors du contact de l’air jusqu’à son emploi.

L’eau procurant une seconde sève aux bois, leurdépôt pour la marine, dans des fosses constammentcouvertes par la mer, non-seulement les conservependant des siècles, mais leur donne encore de laqualité ; ils s’ébénisent et se durcissent au point qu’onen ferait de magnifiques et solides parquets moirésdont on ne verrait pas la fin. Cependant, comme, endéfinitive, tout se détériore avec le temps, nous avonsla confiance que les bois, déposés en fosse pendant50 ans seulement, vaudraient mieux que d’autres quiy auraient séjourné pendant 150 ou 200 ans, mêmeconstamment couverts de vase salée.

Tout le monde sait aujourd’hui que ce qui est àl’abri du contact de l’air se conserve; nous avons ap-pris, à Bordeaux , que du lait bouilli avait été trans-porté dans les mers du Sud, enveloppé d’une doubleboîte de fer-blanc hermétiquement fermée et rapportéen Europe en bonne qualité, après deux ans de na-vigation.

Toutefois, pour la solidité principale des vaisseauxet de toute embarcation, nous engageons les construc-teurs à employer de préférence le chêne et l’orme , àmettre toujours en réserve ces deux essences, spéciale-ment pour les quilles, l’étambotet le briou, en un motpour toutes les parties qui doivent lutter contre lesvagues et les récifs depuis la quille jusqu’au petitpont, environ 3 mètres. Ces parties sont à soignercomme étant la sauvegarde de tout le bâtiment.