432
AFFOUAGE
bois de l’Étal, comme était en France , il y a 40 ans,la culture de l’acacia; il passera de même, nous lecroyons. Un furetage réglé, bien entendu , seraitpréférable, notamment sur les bois en hêtre.
En affouageant la marine, ainsi que nous le dési-rons, on ne priverait encore l’Etat que du douzièmede ses forêts, et des moins productives, celles qu’onlui donnerait étant la plupart inaccessibles, faute dechemins, canaux ou rivières.
Les départements de l’Ile-de-Corse, des Hautes-Al-pes, du Var, de Vaucluse, du Gard, de la Drôme , del’Isère, de l’Ardèche, du Puy-de-Dôme, du Tarn , desHautes-Pyrénées, des Pyrénées-Orientales, des Lan-des, de la Haute-Garonne, de la Dordogne, d’Ille-et-Vilaine, du Morbihan, de la Nièvre et de l’Yonne pourraient largement, et sans qu’on fut obligé de faireaucune acquisition en bois de particuliers, former les100,000 hectares que nous souhaitons si ardemmentà la marine royale.
Le gouvernement a fait, et fait chaque jour encore,avec raison, des dépenses pour établir et soutenir desfermes-modèles sur différents points de la France qui ont produit l’effet qu’on en espérait.
Maintenant que la culture des céréales et des prai-ries artificielles est dans la plus grande prospérité,que les connaissances agricoles se sont étendues etque le plus simple laboureur en sait plus aujourd’huisur la théorie de la terre que n’en savait peut-être lecélèbre Bufïon, ne serait-il pas opportun de s’occu-per des bois qui, chaque jour, se détériorent et dis-