Band 
Tome deuxième.
Seite
216
JPEG-Download
 

216

DE LA VENTE

Un vendeur de bois prélude ordinairement parannoncer emphatiquement qu’on aura un hiver desplus rigoureux, et il cite, à l’appui de son assertion,diverses prédictions astronomiques ; pour secondepreuve aussi puissante, il parle du départ précipitédes hirondelles, du passage prématuré des grues, etil montre les oignons et les volatiles plus couvertsqu’à l’ordinaire.

Ensuite il publie hautement que l’aisance, ou plu-tôt le luxe, faisant chaque jour des progrès rapides,la consommation des bois suit ce mouvement ; enfinque les défrichements, qui ont été considérablesdepuis 1830, se continueront dans une progressioneffrayante, que bien certainement ils rendront le boisextrêmement précieux et rare, que même on viendraà le vendre à la livre.

Afin de combattre ces prophéties intéressées, lesmarchands, à leur tour, se réunissent et font corps ;ils annoncent, de leur côté, que Paris , grand foyerde consommation des bois en tous genres, n’a plus lesmêmes besoins, que, depuis 1829, il y a une grandediminution dans les arrivages, et, pour mieux fairesentir ce déficit, ils font l’énumération des trains debois flottés descendus à Paris depuis 9 ans, savoir :

De 1826 à 1830, on recevait par an une communede 4,435 trains de bois; de 1832 à 1834, 3,162 trains;différence en moins, 1,274 trains par an (*); ilsajoutent qu’il en est de même pour toutes les autresespèces de bois.

(*) 22,932 dccaftèrcs, ou IH,eso décaslcres en cinq ans.