365
moindre valeur ; c’est pourquoi, avant de défri-cher même une faible plantation , il faut y regarderà deux fois.
Quand le terrain n’a pas de profondeur et qu’àquatre ou six pouces on trouve le roc pur, il fautbien se garder de défricher même un très-mauvaisbois , ce serait la plus désastreuse des opérations ;malgré tous ces avertissements, on défrichera néan-moins quand on en aura la permission.
Pour éluder la loi on a creusé, sur des terrainsà pierres calcaires, des fossés à l’entour de bois assezconsidérables, et on a élevé des murs de peu de con-sistance pour en former de prétendus parcs. Eh bien !nous avons l’opinion que ces diverses parties de ter-rain, défrichées sans examen, seront remises en bois,si c'est encore possible.
Quand l’humus, produit par la pourriture desfeuilles, n’est que de quelques pouces, et que la terrequi est dessous est froide , glaiseuse et sans puissancevégétative, alors il se délaye et se perd par l’actionspongieuse de la terre elle-même, où il est bientôtenlevé par les récoltes successives ou lessivé à sa sur-face par les pluies : après cinq ou six ans et mêmemoins, il n v a plus de produits à espérer, pas mêmeen sainfoin, qui vient dans les terres les plus arides,et sur un sol de trois à quatre pouces de profondeurseulement (12 à 16 centimètres).
M. le marquis de Louvois, qui fut un de nos plusgrands propriétaires de bois, a fait entourer, en 1834,d’un léger mur en pierres sèches une forêt de mille