Band 
Tome deuxième.
Seite
366
JPEG-Download
 

366

DES DEFRICHEMENTS .

arpents, près d’Ancy-le-Franc (Yonne ), dont il adéfriché huit cents arpents et créé de magnifiques fer-mes pour les exploiter; peu de temps après, il en a vendula propriété à ses fermiers : ceux-ci auront peut-être,pendant dix à douze ans, d’assez belles récoltes; maisensuite elles décroîtront chaque année, et même nousavons la certitude que, si dans quinze ans les nouveauxpropriétaires possèdent encore les fermes et leursdépendances, ils n’hésiteront point à remettre le touten bois.

Cette citation est un jalon que nous posons commeremarque pour nos lecteurs , et isolé de tout autremotif qui ait rapport à M. le marquis de Louvois ouà ses honorables acquéreurs; nous souhaitons mêmeque nos prévisions soient en défaut, et que la forêtde Maule devienne pour ces derniers une véritableterre promise.

Tous ces mécomptes et fausses entreprises ne sontpas les inconvénients les plus dangereux, en mettantmême de côté celui de rendre rare et hors lapartie des médiocres fortunes un produit de pre-mière nécessité , si utile, en outre, à l’agricultureet aux arts; mais c’est menacer la France des plaiesde l’Egypte , en y introduisant de longues et grandes sé-cheresses, pendant lesquelles tout périt ou qui causentd’horribles orages. Plusieurs naturalistes prétendentqu’un arbre séculaire, bien pourvu de branches, con-tient une super ficie d’un milliard de pieds carrés enfeuilles qui , de concert avec les racines de l’arbre,soutirent par la force de leur succion, en un jour et