CIIAP. VIII. CAMPAGNE DE l8o5. 77
ses griefs, et que celle de Suède venait d’imiterson exemple.
Le cabinet de St.-James travaillait de tout sonpouvoir à envenimer ces ressentiments : le princeCzartorinski, ministre des affaires étrangères,ayant laissé entrevoir au ministère anglais les dis-positions où l’empereur Alexandre était de s’op-poser, à main armée, à tout empiétement ultérieurde ma part, Pitt saisit avec avidité cette ouverture,et une négociation fut entamée à l’instant pourourdir une coalition formidable, seul moyen dedétourner l’orage prêt à fondre sur l’Angleterre.On a dit que ces communications de Czartorinskiétaient une manœuvre concertée d’avance pardes hommes dont l’attachement à l’Angleterren’était point un secret.
Il ne suffisait plus à notre implacable rivald’imposer des limites à la puissance française ; ilvoulait encore contester celles qui venaient d’ê-tre sanctionnées par des traités, nous faire rétro-grader dans les limites de 1792. Sans cela, com-ment promettre à l’Autriche un agrandissementqui pût l’entraîner à la guerre? comment y dé-cider la Prusse ?
La fameuse note du 16 janvier, qui proposaità l’Europe le partage de nos dépouilles, est unmonument curieux, et qui justifie tout ce que
Projet dePitt pournous relé-guer dansles limitesde 1792.