78 NAPOLÉON AU TRIBUNAL UE CÉSAR, ETC.
j’ai pu faire pour mettre la France en état derésister à de semblables projets (1).
Pitt proposait de rendre la Lombardie à l’Au-triche; le roi de Sardaigne ne recouvrerait passeulement le Piémont, la Savoie et Nice , on luidonnerait encore la république de Gênes pour lefortifier contre nous. La Prusse obtiendrait laBelgique pour me séparer de la Hollande, et ar-racher celle-ci à mon influence. Les petits étatsde la rive gauche du Rhin, qui nous avaient étécédés à Campo-Formio, à Lunéville , seraientdonnés à la Prusse, à l’Autriche ou à d’autresprinces allemands qui prendraient part à laligue.
Autant il eût été naturel que les grandes puis-sances s’armassent pour empêcher mon agran-dissement ultérieur, autant il était injuste et im-politique de vouloir nous remettre dans les limitesde 1792. C’eût été fort bien si les autres étatseussent voulu rentrer aussi dans les mêmes li-mites qu’ils avaient à cette époque. Mais la Rus-sie , l’Autriche et la Prusse n’avaient - elles paspartagé la Pologne en 1790? L’Angleterre n’avait-elle pas acquis la moitié de l’Inde? La France , au
(1) Voyez cette note aux pièces justificatives, n° 1.