Band 
Tome deuxième.
Seite
79
JPEG-Download
 

CIIAP. VIII. CAMPAGNE JDE l8o5. 79

contraire, n’avait-elle pas perdu son alliance defamille avec l’Espagne, l’Autriche, la Sardaigne etNaples? Ses alliés dans l’Inde n’étaient-ils pas de-venus des provinces anglaises : la ruine de St.-Domingue ne lui ravissait-elle pas la suprématiedans les Antilles : n’eût-elle pas été dès lors dansun état relatif inférieur de moitié a l'état de i 79a?Descendre quand tous ses ennemis montent, nedoit pas être le sort d’une grande nation victo-rieuse depuis dix ans; vouloir me faire subir unetelle ignominie, cètait me mettre dans la néces-sité de mourir les armes à la main, ou de subju-guer l’Europe .

La peur de mon ascendant et de mon génieentreprenant peut expliquer l’adhésion des puis-sances continentales à ce projet émané du ca-binet de Londres ; mais la peur de me voirsans cesse exposé au même danger doit expli-quer aussi le parti que j’ai pris de me rendredominant en Europe pour y échapper. Ainsi unecrainte réciproque, portée à l’excès , devientsouvent la cause des démêlés politiques les plusviolents et pousse les hommes au-delà des bornesraisonnables, surtout après des révolutions.

Quelque mal disposé que le cabinet russe fût La Russie pour moi, il était impossible qu’il ne trouvât pasle projet de Pitt exagéré; mais un nouvel incidentleva tous ses scrupules. J’avais senti que l’Italie