CHAP. VIII. CAMPAGNE DE l8o5. I27
de publier une proclamation fulminante contrele premier qui oserait parler de capitulation, etqu’il voulait manger jusqu’au dernier de seschevaux plutôt que de se rendre. Aveuglé par laproposition captieuse de laisser à Ulm le corpsentier de JNey, estimé suffisant pour le bloquer,il crut sauver son honneur et sa réputation parune combinaison ridicule, dont le dernier de sessoldats ne pouvait être dupe (i). Il consentitdonc à rendre Ulm le lendemain.
En conséquence de cet article additionnel,3o mille Autrichiens défilèrent devant moi le 19au matin, conduits par seize généraux : ils dé-posèrent leurs armes pour être transportés enFrance . Beaucoup de ces soldats exaspérésjetaient leurs fusils au sortir de la ville, ne vou-lant pas les déposer en faisceaux, et témoignantainsi toute l’indignation que les bévues de leurschefs excitaient en eux. 4o drapeaux, 60 canons,
( 1 ) Sous prétexte de paralyser le corps de Ney à Ulm,Mack semblait impatient de mettre le sceau à son humiliation,et anticipa de six jours la reddition, qui rendait disponibleles corps de Soult, de Marmont, la garde et Napoléon lui-même. D’ailleurs il était absurde d’imaginer que Ney seuleût suffi avec 25 mille hommes pour en investir 3o milledans une place d’une étendue considérable, et à cheval surle Danube .