CIIAP. VIII. CAMPAGNE DE 1 8o5. 1 57
mée devait s’y concentrer. Le monarque autri-chien avait recommandé les habitants de sabonne ville au comte de Wurbna son grandchambellan qu’il y laissait en /qualité de gouver-neur : loin d’exciter les Viennois à imiter leursancêtres, ce bon courtisan leur prêchait la sou-mission, et menaçait même de punir ceux quioseraient songer à des résistances partielles ca-pables de troubler le bon ordre. D’un autre côté,la plus grande partie de la noblesse s’était ré-fugiée en Hongrie . La tendre sollicitude d’unprince pour sa capitale et pour ses habitantsest une fort belle chose ; mais est-elle le premierde ses devoirs? Les homélies pathétiques deM. Wurbna étaient-elles bien de saison quandune résistance de dix jours eût pu sauver la mo-narchie ?
Avec de telles dispositions, nous ne devionspas éprouver grand obstacle ; aussi la régence,sans même attendre notre sommation, s’em-pressa-t-elle d’envoyer au-devant de moi lecomte de Zinzendorf pour me proposer la red-dition de Vienne. Murat avait déjà l’ordre d’ac-célérer sa marche. Le i3, au point du jour àl’approche des dragons de Sébastiani, les portess’ouvrent : nos soldats traversent étonnés cettesuperbe cité ; les grenadiers d’Oudinot suivent ;on court au pont ; l’état-major fait des signes à