1 58 NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
l’officier d’artillerie, placé avec une pièce aumilieu du pont pour défendre l’approche, etdonner, quand il en serait temps, le signal dela destruction. ,
Le bruit de la mission pacifique du comteGiulay s’était répandu, l’officier et le princed’Auersberg croient qu’on parlemente et quel’armistice est signé (i); les nôtres approchent,on entoure l’officier et sa troupe, la colonne estsur le pont. Le prince d’Auersberg, désabusé,n’a plus de ressource que dans la fuite, et nossoldats, plus étonnés encore de la facile con-quête de ce magnifique pont de 2Ôo toises quede celle de Vienne, le franchissent à la courseafin de poursuivre l’ennemi. Le prince d’Auers-berg fut jugé par un conseil de guerre ; mais sonincurie avait causé un mal irréparable.
Instruit à Burkersdorf de cet étrange événe-ment, je cours à minuit reconnaître le pont, etjuger de ce qui me reste à faire ; j’y passe lanuit au bivouac ; je presse l’arrivée de mes trou-
(i) Les Autrichiens ont dit qu’on avait en effet envoyéun parlementaire, et que Murat avait affirmé l’existenced’un armistice. Les stratagèmes de cette nature ne sontpas nouveaux , mais, quoique tolérés par l’usage, ils n’ensont pas plus dans le droit des gens pour cela.
( Editeurs. )