178 NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
En plaçant ma droite sous les ordres de Soulten face du centre ennemi, il était clair que ceserait sur lui que tomberait le plus grand poidsde la bataille. Mais pour que son mouvementobtînt le résultat que je m’en promettais, il fallaitcommencer par éloigner de lui les troupes en-nemies qui débouchaient vers Blasowitz et parla chaussée d’Austerlitz ; il était probable que lesempereurs et le quartier-général se trouvaientlà (1), et qu’il fallait y frapper avant tout pourrevenir ensuite sur leur gauche par un change-ment de front : c’était d’ailleurs le moyen decouper cette gauche de la route d’Olmutz.
Je me décidai donc à seconder d’abord lemouvement du corps de Bernadotte sur Bla-sowitz avec mes gardes et la réserve de grena-diers, pour refouler la droite ennemie et revenirensuite sur la gauche, qui se trouverait d’autantplus compromise à mesure quelle s’avanceraitau-delà de Telnitz.
Mon projet était bien arrêté dès la veille, puis-que je l’annonçai à mes soldats : l’essentiel étaitde saisir le bon moment. J’avais passé la nuit
(1) Les gardes russes et le grand-duc y débouchaient,mais je ne pouvais pas savoir alors que l’empereur Alexan-dre fût présent avec Kutusof à la colonne de Kolowrath.