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Tome deuxième.
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CH AP. VIII. CAMPAGNE DE l8o5.J’espérais, en donnant des craintes aux Anglais sur l’Égypte , les contraindre à tenir de grandesescadres dans la Méditerranée. Ce système étaitexcellent pour former des marins, user les forcesde l’ennemi et causer des dommages à son com-merce : il convenait surtout dans la suppositionque l’état des affaires sur le continent forceraità renoncer pour bien des années encore à ladescente.

Une preuve de ses avantages, c’est le succèsqu’obtenait au même instant l’amiral Lallemant.On se rappelle que ce brave marin, n’ayant puopérer sa jonction avec Villeneuve, avait croiséentre l’Irlande et la mer de Biscaye où il tint lamer jusqu’à la fin de décembre qu’il rentra triom-phant à Rochefort avec un vaisseau de lignecapturé, grand nombre de prises et 1200 pri-sonniers, succès d’autant plus remarquable qu’ilétait remporté pour ainsi dire dans les eauxmêmes de l’Angleterre, et sur une mer sillonnéeen tous sens par les bâtiments marchands decette nation.

Cependant, malgré ce fait particulier, il estconstant que ce système exposait nos forces na-vales à des engagements partiels qui les ruine-raient en détail ; peut-être eût-il été plus avan-tageux de laisser notre flotte à Cadix , pointsaillant très-favorable pour sortir, et très-difficile