Band 
Tome deuxième.
Seite
233
JPEG-Download
 

CHAP. IX. CAMPAGNE DE l8o6. ^33

intimément ces états an système de l’empire,pour faire pencher la balance continentale de soncôté. On a soutenu un paradoxe , en prétendantqu’il n’y a d’autres liens entre les peuples queceux des intérêts qu’ils mettent en commun.L’histoire est pleine de preuves du contraire ;elle fourmille de traités faits dans le seul intérêtdes familles qui gouvernent. C’est un très-grandmalheur sans doute, quand l’intérêt généraldu peuple n’est pas celui de ses chefs ; mais cen’est pas chose nouvelle : combien de princeset même de républiques n’ont-ils pas fait d’al-liances que l’intérêt bien entendu du pays repous-sait ? Sans doute, la liberté maritime à laquellej’aspirais devait être le vœu de tous les états,principalement de ceux qui avaient un littoral ;mais les petits états n’attachaient pas assez deprix à une espérance si vague pour se résigner àune privation totale de commerce pour vingt ans.Sous ce point de vue, leur intérêt du moment,aussi bien que celui de leur dynastie régnante,s’accordait assez contre nous, dès que nous nepouvions admettre leurs liens avec l’Angleterre.Il n’était pas en mon pouvoir de changer cettesituation ; mais c’était déjà beaucoup que de sub-stituer, à une administration ennemie, un gou-vernement qui fût intéressé à marcher avec nous,et dont l’existence se trouvât étroitement liée à