CHAP. IX. CAMPAGNE DE l8o6. 247
« raire, parce qu’elle n’est qu’en viager sur la tète« du dictateur. Je devais la rendre perpétuelle,« en faisant des institutions à demeure et des« corporations vivaces, afin de les placer entre« le trône et la démocratie. Je ne pouvais rien« opérer par le levier des habitudes et des illu-« sions ; j’étais obligé de tout créer avec de la« réalité.
« Il fallait ainsi fonder ma législation sur les« intérêts immédiats de la majorité, et créer mes« corporations avec des intérêts, parce que les« intérêts sont ce qu’il y a de plus réel dans ce« monde.
« J’ai fait des lois dont l’action était immense,« mais uniforme. Elles avaient pour principe le« maintien de l’égalité. Elle est si fortement ém-et preinte dans ces codes qu’ils suffiront seuls« pour la conserver. »
Je résolus, dès cette époque, d’instituer unecaste intermédiaire. Elle serait démocratique,parce qu’on y entrerait à toute heure et de par-tout. Elle serait monarchique , parce qu’elle nepourrait mourir, et qu’elle formerait un rempartcontre cette même démocratie. Elle serait natio-nale , parce qu’elle se composerait de tous ceuxqui rendaient de grands services à l’état. Maisj’avais besoin d’y préparer peu à peu les esprits,et je différai pour mieux réussir. En attendant,
Établisse-ment degrands fiefset de titres.