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Tome deuxième.
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CHAP. IX. CAMPAGNE DE 1806. 3 sT 3

voyé le marquis de Lucchesini pour traiter d’unarmistice ou de la paix; il fut accompagné dugénéral de Zastrow, dont le caractère noble etrespectable était la meilleure garantie des inten-tions sincères du roi. Duroc traita avec eux àCharlottenbourg . Il était difficile de nous enten-dre, surtout pour un armistice, car à chaqueminute on m’apprenait la reddition d’un nouveaucorps ou d’une nouvelle place.

Les négociateurs sentirent qu’en laissant en-trevoir le désir d’une alliance, ils adouciraientles rigueurs du traité. On est toujours disposé àfaire plus pour un ennemi qui devient allié, quepour un adversaire qui signe une paix pure etsimple, et peut rentrer le lendemain dans lesrangs ennemis.

Je consentis à un armistice qui laissait à laPrusse Magdebourg et tous ses états entre l’Elbe et le Niémen ; elle perdait le Hanovre et tous sesétats de Franconie, de Saxe et de Westphalie . Sil’alliance se réalisait, je pouvais la dédommager...

Mais Magdebourg capitula avec 20 millehommes le jour même où Duroc signait la con-vention de Charlottenbourg ; pouvais-je rendrece boulevard principal de la monarchie pour unsimple armistice, subordonné encore à l’accepta-tion d’un prince qui se trouvait à Rœnigsberg, aumilieu des colonnes russes appelées à son secours?