3^8 NAPOLEON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
à la fois de barrière à la Russie et de contrepoidsà l’Autriche , il fallait un rétablissement complet.Une guerre très-longue et très-heureuse pouvaitseule amener ce résultat : mes ministres n’étaientpas d’accord sur son opportunité; Talleyrand ,vieux et usé, soupirait après son hôtel de Paris ,et se souciait peu d’une promenade d’hiver enPologne ; il s’y montra contraire. Maret pengaitqu’on pouvait en faire l’essai, parce qu’il y voyaitd’immenses avantages et des chances de succès.
Les promesses de Dombrowsky et de Zayon-scheck étaient engageantes. Une députation so-lennelle de la grande Pologne , présidée par lecomte Dzadinski, vint fixer mes idées en m’assu-rant une prompte levée de ce qu’ils nommentl’insurrection polonaise , espèce d’arrière - banoù chaque gentilhomme monte à cheval et con-duit un certain nombre de ses paysans. Déjà mesordres étaient préparés, lorsqu’un mémoire d’unofficier attaché à ma personne vint ébranler marésolution. U me représenta, sous les couleursles plus vives, l’avantage que je trouverais à pré-férer l’alliance de la Prusse, à qui il serait gé-néreux de pardonner , et qu’on pourrait agran-dir de toutes les parties du territoire polonaisqu’il serait possible de réunir par la suite, enconservant à celles - ci leur nationalité : c’étaitobtenir l’espèce de contrepoids qu’il importait