33/j NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.chesini et de Zastrow, il le trouva d’autant plusinadmissible , qu’il venait de se lier tout récem-ment avec la Russie par une convention signéeà Grodno le 20 octobre, et que le premier con-tingent russe venait d’entrer sur le territoireprussien, sous les ordres de Beningsen. Il refusadonc de le ratifier, et la continuation de laguerre était le seul parti qui restât à tous deux.
Nous allions ainsi nous rencontrer de nouveauavec les Russes : la question était de savoir sinous les attendrions, ou si nous irions au-de-vant d’eux. La saison était mauvaise ; mais c’étaitpour eux comme pour nous. Si je les laissaisavancer, je me privais des ressources et de l’ap-pui de la Pologne : ils pourraient décider l’Au-triche , qui n’hésitait que parce qu’ils étaient troploin d’elle pour la soutenir immédiatement ; ilsentraîneraient la nation prussienne, qui, revenuede l’étourdissement d’un premier désastre, sen-tirait la nécessité de tout faire pour se relever.
L’empereur Alexandre avait mis une grandeactivité à réparer les pertes de la campagne d’Au-sterlitz (1) : non seulement ses régiments furent
(1) L’armée russe était alors répartie en 18 divisions,qui, à l’exception des gardes, se composaient de 6 régi-ments d’infanterie ou de chasseurs, de 10 escadrons degrosse cavalerie, 10 de cavalerie légère, une compagnie depionniers, deux batteries de position, trois batteries lé-gères et une d’artillerie à cheval ; ce qui faisait pour chaque