CHAP. X. CAMPAGNE UE 1 807. 33^
par une puissante escadre, firent rétablir ceshospodars.
Cependant l’empereur Alexandre,instruit d’unemesure contraire à ses traités, et qui consta-tait mon influence sur la Porte, n’attendit pascette satisfaction, et ordonna sans délai à Michel-son d’envahir les principautés, et de s’emparerdes places turques qui bordent le Danube . Cegénéral passa le Dniester le 3 novembre , et serépandit sans obstacle jusqu’aux frontières deServie. Nous étions ainsi réciproquement en-chantés de l’événement : la Russie , parce qu’ellecroyait en profiter, et moi, parce qu’il faisaitune puissante diversion en ma faveur. Toutefoisla prompte chute de la monarchie prussienne,changeant la face des affaires, mettait tous lesavantages de cette agression de mon côté. Eneffet, en calculant le temps qu’il fallait pourrecevoir de Pétersbourg l’ordre de cette inva-sion , et pour aviser aux mesures d’exécution ,on voit bien qu’elle avait été combinée et or-donnée avant qu’on ne connût les désastres dela Prusse. L’empereur Alexandre eût été tropprudent sans cela pour entreprendre en mêmetemps la double tâche de nous tenir tète etd’attaquer les Turcs.
Lorsqu’il reçut le premier avis de la marchedes Français sur Berlin , il détacha les corps de
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