CHAP. X. CAMPAGNE DE 1807. 387
aux Turcs deux provinces que le cabinet deLondres avait promises aux Russes ; tandis quele sultan, docile aux conseils de mon ambassa-deur, venait de sauver son empire de l’influencedes ennemis, et annonçait l’intention de redou-bler de vigueur sur le Danube ? Je n’ai pas tou-jours été modéré, mais ce n’est pas à celteépoque qu’on peut m’accuser d’exagération dansmes prétentions. Disons-le franchement ; uneétincelle du génie de Pitt animait les ministresPerceval et Canning ; or le système de Pitt a étéconstamment de ne pas faire une paix en laissantla France maîtresse de la Belgique et influenteen Hollande et en Italie . Si jamais il y eût con-senti, c’eût été pour un an et pour nous jouercomme en 1802.
On voit ainsi que , malgré toutes les déclama-tions de mes ennemis, je me retrouvais toujoursplacé à peu près sur le même terrain politique.On se coalisait pour faire rétrograder mon in-fluence , et je cherchais à l’étendre pour la rendreplus sure et la conserver.
Tandis que ces grands intérêts s’agitaient, jene négligeais aucune mesure qui pût me récon-cilier avec les Suédois; on se rappelle qu’enpartant pour la Yistule, j’avais chargé Mortierdu soin de les contenir avec le 8 e corps. Il n’eutpas grand peine à remplir sa mission ; le cheva-
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