CIIAP. X. CAMPAGNE DE 1807. 4°9
deux cette armée, dont la perte eût été ensuiteinévitable. Quoiqu’il fût déjà assez tard, j’or-donnai au corps de Soult d’assaillir les retran-chements qui couvraient les Russes du côté deLawden et de Langviese. En vain je fis seconderSoult par le corps de Lannes et par les fusiliersde ma garde, les Russes conservèrent leur po-sition : nous ne pûmes emporter qu’un ouvragedont leur réserve vint ensuite nous déloger. Enmoins de trois heures de temps, nous eûmesenviron 6 mille hommes hors de combat.
En renouvelant l’attaque le lendemain , j’au-rais risqué de faire écraser les corps qui y étaientdestinés : il y avait d’autant moins de raison dem’y exposer, qu’en manœuvrant sur Koenigsberg j’étais sûr de déposter l’ennemi sans coup férir.Je balançai un moment à marcher par ma droiteà Bischoffstein , avec les corps de Ney et de Da-voust : les motifs indiqués me déterminèrent àprendre la direction opposée. Le 11 , à la pointedu jour, mon armée, filant sur deux colonnes,se porta sur Landsberget Preuss-Eylau. Un seulcorps fut laissé devant le camp d’Heilsberg pourcouvrir mon mouvement. Je ne me dissimulaispas ce qu’il pouvait avoir de dangereux ; car,en l’entreprenant, je livrais mes propres com-munications à l’ennemi qui, en se basant sur lecamp d’Heilsberg , pouvait opérer sur nos der-