/f08 NAPOLEON AU TRIBUNAL DE CÉSAK, ETC.
contribua le plus à me déterminer à prendrel’autre, c’est que j’avais déjà remarqué, à l’é-poque de la bataille d’Eylau , que Benningsenmontrait des inquiétudes pusillanimes pour Kœ-nigsberg; or, comme ce n’était pas un point mili-taire , je pensai qu’il y avait des motifs particu-liers , soit de politique envers la Prusse, soit degrands approvisionnements. En privant l’ennemide ses magasins, j’en procurais à mes troupes;ce qui dans ces contrées lointaines était essen-tiel : je renversais son système d’opérations.D’un autre côté, il était possible que la marchede Soult sur Kœnigsberg décidât les Busses à serabattre sur leur droite pour couvrir cette ville,ét je restais toujours maître de jeter des forcesmenaçantes sur leur flanc gauche pour les cou-per de la route de Tilsit. J’oubliai donc les prin-cipes stratégiques pour ces raisons accessoires,et je me décidai à m’avancer par la rive gauchede l’Aile sur Ileilsberg.
Le 10, mon avant-garde rencontra celle del’ennemi près de Bewernick. Après un combatopiniâtre, les Busses furent culbutés et rejetéssur leur armée. A neuf heures du soir, nousnous trouvâmes en présence de leur camp.
J’eus d’abord l’idée d’attaquer la gauche de l’ailedroite russe, postée à la rive gauche de l’Aile,afin de percer sur Heilsberg et de partager en