CHAP. X. CAMPAGNE DE 1807. 4 2 5
détracteurs parmi ces aristarques de salons quiimaginent qu’on fait un traité comme un décret :les uns me reprochaient d’avoir trop humilié laPrusse; d’autres, et c’était le plus grand nom-bre, prétendaient que j’aurais dû profiter duparti libéral qui s’y trouvait en forces pourachever de détrôner Frédéric-Guillaume , dontje m’étais fait un ennemi irréconciliable par laspoliation de la moitié de ses états. La prompti-tude de la déroute des armées prussiennes et lebrillant accueil que j’avais reçu à Berlin m’a-vaient prouvé, il est vrai, que cette guerre n’a-vait pas eu l’assentiment de la masse du peuple.O11 en a faussement conclu que j’aurais dû pro-fiter de cette découverte pour organiser la Prussedémocratiquement. J’avais arreté les révolutions,et ce n’était pas dans mes principes de les pro-pager. Je craignis d’ailleurs d’éprouver tropd’obstacles de la part des puissances voisines,intéressées à s’y opposer. La Russie n’eût pastraité à de telles conditions, et l’Autriche étaitencore là pour y mettre obstacle.
Le système sur lequel j’avais fondé l’empire11’était pas bien vu de toutes les anciennesdynasties; mais il ne faut pas en conclure,comme tant de beaux parleurs l’ont fait aprèsl’événement, qu’une guerre à mort fût inévita-ble entre nous. On se trompe fort si l’on croit
Motifs dema con-duite avecla Prusse.