CHAP. X. CAMPAGNE DE 1807. 433
gagement envers des barbares qui ne respec-taient pas leurs meilleurs princes.
Tribu conquérante descendue des montagnesde Natolie pouF envahir l’empire grec, les Turcs sont des Tartares campés en Europe ; ils n’ontrien d’Européen . En vain exalte-t-on les servicesqu’ils ont pu rendre à la France , en tombant àplusieurs reprises sur la Hongrie et faisant di-version à la maison d’Autriche , alors toute-puis-sante : dans ces agressions, il n’y avait rien quifût raisonné dans un intérêt politique européen .Ils se jetaient sur la Hongrie et l’Autriche ,comme ils s’étaient jetés jadis sur la Romélie.Une seule fois la France sut les armer en faveurde la Pologne , dans un intérêt qui leur étaitencore particulier. Nos mœurs, nos usages,notre religion, tout est en opposition formelleavec ce qui existe chez ces barbares.
Convaincu que, si l’on parvenait à les refou-ler en Asie , ce serait un bienfait pour le genrehumain, je témoignai à l’empereur Alexandreque je ne serais point éloigné de coopérer àcette noble entreprise.
Je jugeais trop de la Turquie d’après nos étatseuropéens ; cette révolution, combinée avec l’a-narchie qui régnait dans tous les pachaliks, etqui semblait les porter à une émancipation dela Porte, me faisait considérer l’empire ottoman
28
II.